Le pari était plutôt risqué. Développer une pellicule que je ne connaissais pas dans du révélateur périmé. Mais, mais pourquoi me direz-vous ?! J’ai deux raisons à cela. Je me lève samedi matin avec l’envie de développer cette pellicule qui traine depuis plus de 9 mois sur une de mes étagères. Je regarde ensuite mes produits. Je sais que mon révélateur est ouvert depuis plus d’un an mais ayant déjà fait l’expérience d’un bain périmé, je sais qu’il peut y avoir des fins créatives au processus. J’ai vraiment envie. OK, je ne suis pas totalement serein.

Pour la petite histoire, j’avais acheté la Rollei Rétro 400s il y a plus d’un an. Lorsque Olivia m’a rendu visite l’an passé, on a fait quelques photos ensemble. Je lui ai proposé un cadre photographique, une ambiance et je lui ai laissé la liberté de prendre possession de l’espace. 12 images à faire. Je ne lui ai donné aucune contrainte.

Je procède très souvent de la sorte, pour mettre à l’aise la personne que je photographie et éviter les pauses stéréotypés. Je n’impose rien. L’important pour moi est de laisser l’autre s’exprimer naturellement pour ensuite saisir l’instant, lui rendre un hommage photographique, voir briller cette étincelle que l’on recherche tous lorsque l’on est passionné.

Saisir l’instant c’est sentir la vibration, la fraction de seconde avant de déclencher, cette force qui nous pousse à prendre la décision de clicker. Si d’aventure l’émotion n’est pas là, la photo n’aura pas ce supplément d’âme. Comme beaucoup, à mes débuts, je prenais beaucoup de photos. Aujourd’hui, j’en prends chaque jour, mais de façon différente. Sans l’émotion qui me pousse à déclencher, je ne prends pas de photo.

Alors voici les 5 images sur les 12 que j’ai déclenché. J’en ai perdu 7. Le pari fut risqué. Le résultat est étonnant. Une ambiance sous-marine s’est installée dans ces images, je ne les ai pas corrigé. Elles sortent de mon scanner en l’état, j’ai retiré quelques poussières mais elles m’intéressent dans leur côté brut et aléatoire qu’offrent les accidents (volontaires ou non) de chimie. C’est finalement un bel exercice de lâcher-prise qui me rappelle qu’il est important d’oser malgré les risques.

Argentiquement vôtre,

Portrait noir et blanc d’Olivia réalisé durant l’été 2016

Portrait noir et blanc d’Olivia réalisé durant l’été 2016

Portrait noir et blanc d’Olivia réalisé durant l’été 2016

Portrait noir et blanc d’Olivia réalisé durant l’été 2016

Portrait noir et blanc d’Olivia réalisé durant l’été 2016