Mémoire d'Izieu

Un travail de mémoire sur la Shoah

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Le krach boursier de New York en 1929 marqua une crise économique majeure aux Etats-Unis se propageant ainsi en Europe. Chômage, inflation galopante, pauvreté, l’Europe se précarisa. C’est sur ce terrain que les idées d’extrême droite d’Adolf Hitler se propagèrent en Allemagne. La réponse ultra-nationaliste du National-Socialisme ou nazisme gagna du terrain, jusqu’à donner les plein pouvoirs à Hitler en 1933. Elle annonça le début de la dictature nazie qui conduira inexorablement à la seconde guerre mondiale.

Il reste un chiffre terrible à assumer pour l’humanité : environ 6 millions de juifs ont été exterminés en Europe entre 1942 et 1945. On appellera cette tragédie Shoah. Dans l’Ain, 44 enfants et 7 adultes cachés à la colonie d’Izieu ont été arrêtés lors de la rafle du 6 avril 1944. 42 de ces enfants et 5 de ces adultes seront exterminés dans le camp d’Auschwitz-Birkenau.

Aujourd’hui, à l’entrée d’Izieu, on ne peut échapper à ce panneau : Enfants d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés. Difficile en 2017 de penser qu’une telle histoire se soit produite ici même, tant il règne une paix et une douceur certaine. Et pourtant, impossible de se soustraire aux couloirs de l’histoire. Depuis deux ans que je parcours ces lieux, je ne peux m’empêcher d’imaginer ce que ces enfants ont vécu ici pendant leur séjour à Izieu. Quels chemins ont-ils empruntés, quels paysages leurs yeux d’enfant ont-ils contemplé, avec quelle innocence ont-ils joué et ri ? Parce que les enfants nous enseigne toujours la spontanéité, malgré la peur.

Lorsque j’entends, mardi 7 mars 2017 à la radio qu’un français sur trois approuve les thèses et idées du Front National, je ne peux m’empêcher de repenser à ma grand-mère Alice. Évoquant la seconde guerre mondiale, la peur s’emparait de nouveau d’elle, lorsqu’elle se remémorait les Allemands et du bruit de leurs bottes dans les rues. Cette émotion, sa peur m’a marqué, à vie. Nous ne sommes pas juifs dans la famille. Mais nous sommes universellement humains. Elle était le dernier lien avec cette période majeure du vingtième siècle qui a vu l’Europe sombrer de toute part pour des idées ayant conduit au chaos de l’humanité.

L’actualité politique vient questionner le citoyen que je suis. Et si jamais le 7 mai prochain, nous nous réveillions de nouveau sous un régime d’extrême droite ? Je garde à l’esprit la mémoire du 21 avril 2002. On se disait

« plus jamais » !

Mais comment peut-on oser ce choix alors que nous sommes tous l’étranger d’un autre ?

Un devoir de mémoire s’impose. Pour ne jamais oublier l’atrocité dont la société, nous tous donc, est capable. Pour ne pas reproduire les erreurs d’un passé meurtri et douloureux. Pour humaniser. Sensibiliser. Se souvenir. Pardonner. Guérir. Et ne jamais revivre cela.

 

«Eh bien il n’y a pas d’avenir sans la lumière du passé, il n’y a pas d’action et de progrès si la conscience qui les conduits ne puise pas aux sources de l’histoire.»

Extrait du discours de François Mitterrand le 24 avril 1994 à la maison d’Izieu.