Une soirée inhabituelle sous la neige à Paris

Elle est arrivée sans crier gare. Quelques flocons, sur un sol gelé. Les minutes s’égrènent. C’est beau à regarder, on est à Paris. C’est tellement inhabituel.

Et puis une fine pellicule blanche nappe les toits des voitures. Je regarde par la fenêtre et puis les trottoirs eux aussi sont pris au piège et changent d’aspect.

Une heure plus tard, c’est la circulation qui a diminué, Paris devient plus silencieuse. Ma journée de travail se termine. Je me sens pris d’ivresse comme c’est le cas à chaque fois que je sens l’énergie de l’instant propice à la photographie. Je ne sais pas la nommer différemment. C’est une enthousiasme très enfantin, une joie soudaine, une envie qui dépasse et surpasse tout.

Je n’ai pas les bonnes chaussures mais qu’importe. Je prends le métro à Boucicault et remonte jusqu’à la Concorde pour admirer la place et aussi et surtout le jardin des Tuileries, malheureusement fermé. Peu importe, la neige tombe, Paris la blanche, prise un peu plus dans la nuit devient paradoxalement à chaque instant plus lumineuse avec la réverbération de la neige. Seul le musée du Jeu de Paume est encore ouvert. J’aime cet endroit particulièrement.

Je poursuis, les arcades de la rue de Rivoli, quelques touristes sortent des grands hôtels et puis direction place Vendôme. Les rues sont assez calmes, la neige absorbe les bruits de la ville, les passants sont dans l’ensemble assez joyeux. La neige procure cet effet-là. On est à Paris, aucune urgence à l’horizon hormis profiter de l’instant. Mon vieil Iphone 5s me permet de faire quelques images. J’en fait aussi en noir et blanc avec mon vieux Minolta. La batterie de l’iphone me lâche en arrivant à l’Opéra. Depuis la dernière mise à jour (merci Apple…) l’appareil s’éteint parfois avec 35% de batterie, ça plus le froid, c’est pénible. Mais qu’importe, je remonte vers Saint-Lazare, ce quartier que j’aime tant. Je dépasse le Printemps, puis passe devant le passage du Havre avant d’arriver à la gare. Je n’ai pas envie de rentrer mais je dois recharger le téléphone. Je m’arrête un moment dans une brasserie rue d’Amsterdam, j’en profite pour changer aussi ma pellicule.

En repartant, je me fais quelques glissades sur les trottoirs. C’est bon de faire ce qu’on nous interdisait étant gamin, prudence oblige. La place de Clichy est vivante. Il y a pas mal de monde mais si peu de voiture. Je reprends le métro direction la banlieue nord de Paris.

En sortant, il y a ces néons. Dernières images. Quelle soirée, quelle adrénaline. Ça retombe. Je rentre me coucher. Deux jours plus tard, la neige revient. Mais de façon plus douce et bien moins importante. Qu’importe, profiter, c’est le mot d’ordre.

Photos ©Guillaume Nédellec / Hans Lucas

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Villa Frédéric Mistral sous la neige, Paris 15
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Avenue Felix Faure sous la neige, Paris 15
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Jardin des Tuileries sous la neige, Paris 1
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Jardin des Tuileries sous la neige, Paris 1
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Place Vendôme sous la neige, Paris 1
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Place Vendôme sous la neige, Paris 1
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Au-dessus de gare Saint-Lazare, Paris 8
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Place de l’Opéra Garnier sous la neige, Paris 8
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Sortie du métro Carrefour Pleyel sous la neige, Saint-Denis (93)
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Rue Lecourbe sous la neige, Paris 15
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Paris depuis la vitre du T3, vers Suresnes (92)
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Avenue Felix Faure sous la neige, Paris 15

Découvrez la suite des images réalisées ce soir-là en argentique noir et blanc.