A young Buddhist monk walks below the village of Thiksey, Ladakh.Un jeune moine bouddhiste marche en contrebas du village de Thiksey, au Ladakh.

A young Buddhist monk walks below the village of Thiksey, Ladakh.Un jeune moine bouddhiste marche en contrebas du village de Thiksey, au Ladakh.

A young Buddhist monk walks below the village of Thiksey, Ladakh.Un jeune moine bouddhiste marche en contrebas du village de Thiksey, au Ladakh.

J’ai réalisé les images qui suivent après un coup du sort. À l’issue d’un trekking dans les hauts plateaux du Ladakh, j’ai eu un accident de rafting. Bloqué sous l’eau depuis trop longtemps, j’ai fermé les yeux et je me suis dit « c’est la fin ». Et j’ai fait mes adieux à la vie. C’était la fin août, de l’année 2011.

Puis je suis remonté à la surface, comme par miracle. J’ai ensuite été repêché à bord d’une embarcation. On est allé chercher tous ceux qui étaient tombés à l’eau. Tous sains et saufs. Une fois regagnée la terre ferme, dans un moment seul avec moi-même, un grand frisson m’a parcouru le corps. Et les larmes se sont mises à couler. À l’intérieur, j’ai ressenti que seul l’Amour était important dans cette vie. C’était très intense, quasi mystique. Ça a duré quelques secondes. Puis les larmes ont cessé. La vie a repris son cours. Et je suis tombé dans une phase de dépression. J’étais hanté par le « et si j’étais mort », et « qu’y a-t-il derrière le voile de la mort ? ». Alors dès le lendemain, je suis parti dans les monastères bouddhistes du Ladakh, le long de l’Indus, pour trouver un peu de paix. Et je suis arrivé à Thiksey, où je suis resté deux jours durant. Je n’étais pas en recherche d’une religion nouvelle. Je n’en ai pas. Par contre, j’avais besoin de sérénité et d’harmonie. Et puis j’aime les temples. Ils sont un écho à notre propre temple intérieur. Et la spiritualité, un écho à la vie de notre esprit.

C’est dans ce contexte que j’ai décidé de photographier cette cérémonie du Mandala. Avec quelques années de recul, je ne suis toujours pas certain d’avoir compris ce que j’ai ressenti après l’accident de raft. Je me suis souvent fourvoyé, encore aujourd’hui certainement. Cet enseignement est facile à écrire mais n’est pas simple à vivre pleinement. C’est une ligne directrice, douce et forte à la fois. Il a notamment permis de faire naître ces images du Ladakh et sa conclusion. Si d’aventure il existait un autre monde, avec quoi repartirions-nous si ce n’est la richesse intérieure de nos expériences de vie ?

La suite, c’est par ici