Social
Les migrations temporaires // 2009
> Photos et textes © 2009 – Guillaume Nédellec

L’été arrive et les vacances se profilent. Moments privilégiés par excellence, une frange de la population met tout en œuvre pour les réussir. Car aujourd’hui réussir est important. Leur recette ? Jouer la sécurité. Matérielle et émotionnelle. Quitte à rechercher puis reproduire leurs conditions de vie habituelles.
Une destination les rassemble : la côte d’azur. Soleil généreux, chaleur et paysages de qualité. Chaque année, de juin à septembre, des hordes de touristes y affluent de toute l’Europe. Leurs chassés croisés occasionnent d’impressionnants embouteillages sur les routes. Ils s’entassent ensuite dans les mêmes campings, villages vacances ou résidences en tout genre. Ils fréquentent les mêmes plages bondées, les mêmes supermarchés, aux mêmes heures. Tous ensembles.
La notion d’appartenance à un groupe est importante. La pression de celui-ci peut l’être tout autant. Quitte à s’y noyer, qu’importe. Ils sont ensemble et la normalité est ici gage de plaisir. Et à bien y regarder, il doit être doux de payer son parking pour aller à la plage, poser sa serviette face aux poubelles publiques, parfaire son bronzage en rôtissant au soleil et nager dans une eau cosmopolite à 26°…
Ne pas s’éloigner de ses repères, diminuer les risques liés à la confrontation avec l’inconnu, c’est aussi cela jouer la sécurité. Mais à l’origine, le changement n’était-il pas la finalité de toute migration, qu’elle soit temporaire ou définitive ? Car nous sommes ici face à un processus sécurisé utilisant le mimétisme comme garantie certaine de vacances réussies.
Au final, l’essentiel est d’y trouver son plaisir. Quel que soit son style. Perdu sur une plage balinaise ou retrouvé sur une plage de Sainte Maxime…



