2010

Turquie // Ist-oires

> Photos et textes © 2011 – Guillaume Nédellec

Il s’agit d’un carrefour. Et d’un pont tout autant. L’Occident y rencontre l’Orient. Leurs mains se joignent, se relient et ensemble, enjambent le Bosphore. Ici se termine l’Europe, ainsi commence l’Asie. On la nomme aujourd’hui Istanbul. Son histoire est séculaire. Éperdument riche. Effrénée et mouvementée. Il fut un temps où l’humanité la connut sous le nom de Byzance. Puis on lui attribua celui de Constantinople, en l’honneur d’un empereur romain. Elle fut la capitale de puissants empires par le passé. Au présent, Ankara dirige la Turquie. Et Istanbul l’éblouie.

Quelle extraordinaire capitale européenne de la culture, fait-elle en cette année 2010. Car à Istanbul, la culture est débordante. Elle résonne et vibre à chaque pas. D’Aya Sofia au palais de Topkapi, ce ne sont que pures merveilles imaginées puis édifiées par la main de l’homme. Le voyageur s’aperçoit très vite que son horizon est déchiré par de hauts et majestueux minarets, à l’évidente élégance. La vie y est rythmée par le chant des muezzins. Ils invitent les fidèles à la prière. 5 fois par jour, 6 pendant le Ramadan. Et leur chant résonne dans cette atmosphère moite du mois d’août. Il suffit de lever les yeux et d’admirer. Les rues sont chargées de ces parfums de notre enfance, presque oubliés avec le temps et remontant à la surface avec délice et surprise au détours d’un étal ou d’une rencontre.

Ce qu’il est bon de se perdre dans le dédale des ruelles byzantines. Il s’y passe toujours quelque chose. Il suffit de se montrer curieux et ouvert pour que les connexions se produisent. Et l’humanisme des stambouliotes s’exprime alors. Je pense notamment à ces artisans rencontrés dans un quartier de Galata, m’ouvrant en grand les portes de leur atelier d’ébéniste. Partageant avec moi un moment de vie, sans barrière aucune, pas même celle de la langue car les yeux et le coeur résonnaient du même langage.

Je vous parle d’une ville bouillante, bouillonnante et débordante de vie, de culture, d’histoire et d’histoires, et de ses habitants toujours prêts à dialoguer et modifier leur plan pour passer un moment en votre compagnie. Voici une série de photos d’une semaine passée sur le sol turc, loin de tout débat ou toute polémique sur son appartenance ou non à l’Europe. Car ce qui est sûr, c’est que la Turquie appartient à notre civilisation et que son histoire est aussi la nôtre. J’ai cheminé 7 jours, à l’instinct, sur les traces d’un maître nommé Ara Güler. En quête de cette ville et de ses lumières qu’il m’a donné envie de connaître, de vivre et d’explorer. Voilà pourquoi une grande partie de ces photos sont en noir et blanc. Car Ara Güler exprime son art de cette façon. Et que son travail m’a inspiré bien avant que mes pas foulent le sol de cette ville. Merci à lui. Merci à eux. Merci à vous.

2 réponses à Turquie // Ist-oires

  1. Céline dit :

    Merveilleuse balade, j’ai rencontré grâce à toi de beaux êtres …

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